Jean Bonnecaze, natif de Pardies (près de Pau, Béarn), part en pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle le 1er mai 1748 à 22 ans, avec trois compagnons. Il espère aussi étudier en Espagne et apprend l’espagnol en chemin. Le voyage suit essentiellement la Voie française : Navarrenx, Roncesvalles, Pampelune, Logroño, puis León et les Asturies au retour. Il manque d’argent (doit vendre son chapeau), souffre de blessures et marche parfois pieds nus ; la peur des enrôlements forcés par des soldats l’oblige à des marches nocturnes en passant à Roncevaux. À León, il tombe gravement malade à l’hôpital San Antonio, témoin d’une épidémie et de plusieurs morts autour de lui ; il pense mourir, mais finit par guérir lentement et reprend la route. De retour en France début août 1748, il est accueilli avec émotion par ses parents. Plus tard, il est ordonné prêtre en 1760 et publie son autobiographie — le récit témoigne surtout de la misère, des souffrances physiques et de la résilience du pèlerin, plutôt que d’un itinéraire détaillé ou d’observations religieuses.

